Traduction concentr�e du discours de Monsieur le Pr�fet Per Eckerberg

Note : ce texte est reproduit dans son int�gralit� et nous en avons conserv� la traduction originale

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Traduction concentr�e du
discours par Monsieur le Pr�fet Per Eckerberg

A l'occasion de la c�l�bration de la 350-i�me anniversaire de l'immigration des Wallons en Su�de

Finspong le 10 ao�t 1968


L'industrie mini�re de la Su�de s'est accrue autour des r�gions mini�res de la Su�de centrale. D�s le moyen-�ge le gouvernement l'a soign�e. Sous Gustave Vasa l'�tat s'est �tabli comme entrepreneur dans ce domaine. Pendant cette p�riode la r�gion mini�re, o� nous nous trouvons, est devenue si pleine d'entreprises que toutes les ressources d'�nergie hydraulique ont �t� engag�es et que toutes les for�ts de la r�gion ont �t� utilis�es d'une mani�re � risquer leur avenir.

Au 17-i�me si�cle, cependant, il y a eu une r�valuation. Des probl�mes s�rieux se sont accombl�s devant les autorit�s. Ce que nous appelons aujourd'hui une activit� de restructuration est devenu de plus en plus n�cessaire. La grande p�riode nouvelle de la formation des "bruks", type sp�ciale de compagnies mini�res et m�tallurgiques en Su�de, devait arriver, et ce sont les Wallons qui en ont marqu� le commencement.

L'immigration des Wallons en Su�de s'est pass�e pendant la premi�re partie du 17-i�me si�cle. Les raisons de cette immigration ont �t� clarifi�es par plusieurs historiens bien connus. Les Wallons ne se sont pas rendus en Su�de pour des raisons religieuses, ce qu'on a souvent maintenu. Les Wallons �taient souvent des catholiques, dont les autorit�s se disaient vouloir sauver les �mes, puisqu'ils "pourraient tr�s facilement en allant en Su�de perdre leur sainte religion catholique et apostolique". Mais il y avait naturellement d'autres raisons. L'industrie d'armement, source importante de revenue, �tait en danger. L'exportation d'armes avait des difficult�s et l'immigration en Su�de a priv� l'industrie mini�re wallonne des ouvriers indispensables.

Maintenant je vais essayer de tirer les contours de l'immigration des Wallons en Su�de et son importance pour l'industrie su�doise et la culture su�doise. Je me base surtout au grand �uvre sur les Wallons �crit par M. Karl Kilbom.

Par des activit�s de nature �conomique et technique les rois Gustave Vasa et Charles IX ont organis� la base du d�veloppement de l'industrie mini�re de la Su�de. Les Wallons n'�taient pas les premiers �trangers qui ont contribu� � l'industrie mini�re. Plusieurs ann�es auparavant Gustave Vasa a invit� les Allemands et les contributions des Finnois ne doivent pas �tre oubli�s.

Au d�but du 17-i�me si�cle on peut regarder comment les Wallons professionaux sont expos�s � une campagne r�guli�re d'immigration en Su�de. C'�tait le Wallon Welam de Besche et le Fran�ais Paschilius Chenon qui ont d�marr� cette activit�. C'est d�j� en 1615 que nous trouvons que m�me Louis de Geer, alors 28 ans mais d�j� un homme d'affires d'une r�putation internationale, s'est m�l� dans le recruitement de gens d'exp�rience pour de Besche. C'est sans doute par de Besche que Louis de Geer devait avoir re�u les contacts avec la Su�de qui devaient avoir une si grande importance.

On a toujours et � tout droit, d�vou� grande attention aux efforts industriels de de Geer. Mais Karl Kilbom souligne aussi, qu'on a oubli� et sousestim� l'importance �norme du fait que la Su�de, avec Louis de Geer, en un coup est venu en contact avec une organisation commerciale qui fonctionnait bien et qui r�unissait la plupart des centres commerciaux et financiers du monde de ce temps. En 1638 de Geer avait des correspondants ou des agents � Paris, B�le, Strasbourg, Gen�ve, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Dieppe et Londres.

Aussi les historiens de l'�tranger ont soulign� l'importance de toute l'�conomie de la Su�de du fait que les canons de Finspong furent connus en toute Europe comme les meilleurs canons qui existaient. Le r�sultat de l'activit� de de Geer en Su�de est devenu tr�s avantageux pour le pays. Il a commenc� cette activit� avec son capital propre. Il a gagn� ses grandes ressources surtout par une activit� commerciale et financi�re en dehors des fronti�res de notre pays. Pendant les premi�res ann�es, le travail en Su�de a donn� des r�sultats �conomiques n�gatifs. La Su�de a donc re�u un suppl�ment de capital tr�s important pour r�vitaliser son industrie.

Si l'on consid�re que l'�poque pendant laquelle Louis de Geer a commenc� son activit� industrielle en Su�de ne couvre qu'une trentaine d'ann�es, tout semble merveilleux. Il y avaient parmi ses compagnies quelques-unes qui ne pouvaient pas rester en vie. Mais surtout les industries de fer ont donn� des profits consid�rables aux successeurs de de Geer. D'autres avaient des pertes s�v�res comme r�sultat. L'activit� de r�localisation et esprit d'entrepreneur �tait n�cessaire, mais elle avait � ce temps-l� - comme aujourd'hui d'ailleurs - ses risques.

Non seulement comme financier � l'�tat, comme entrepreneur et comme organisateur de notre commerce � l'�tranger mais aussi comme armateur et comme organisateur de la commerce int�rieure il a essay� de d�truire des privil�ges qui emp�chaient un d�veloppement libre et naturel de la commerce. La n�cessit� d'organiser pour ses ouvriers dans les compagnies mini�res locales un entretien suffisant de provisions et, �videmment, son int�r�t de profit l'a dirig� vers une attaque contre les privil�ges commerciaux. Il n'y a aucun doute que les employ�s de ses compagnies ont profit� aussi de son succ�s en rompant les monopoles commerciaux des villes.

Les qualifications de travail des ma�tres wallons se montre dans un rapport pr�sent� en 1636 par le Coll�ge Industrie Mini�re : "Il faut apprendre aux ma�tres su�dois d'organiser leur travail de la mani�re fran�aise. Les Wallons s'organisent de pouvoir maintenir la chaleur pendant 20 ou 24 semaines tandis que les Su�dois n'en font que 4 ou 6 semaines, au maximum 9 semaines".

Si l'influence de de Geer est tr�s claire pour tout le monde dans le domaine d'�conomie et d'industrie, il faut aussi rappeler peut-�tre son int�r�t humaniste. Il travaillait �nerg�tiquement pour obtenir une reconnaissance de la libert� de religion. R�form� lui-m�me, il a trait� tout le monde de la m�me fa�on. Parmi ses employ�s, les catholiques avaient les m�mes conditions que les r�form�s. Un autre petit d�tail. Il y a � Amsterdam deux peintures avec des motifs de Finspong. Elles ont �t� peintes par un des grands ma�tres hollandais du 17-i�me si�cle, Allart van Everdingen. Les peintures repr�sentent l'industrie de Finspong. A cette �poque-l� les motifs industriels �taient tout � fait inconnus comme motifs de peinture de paysage d'Europe. Finspong peut �tre fier de ses m�moires, car les deux peintures de Finspong ont introduit non seulement le paysage su�dois mais aussi les motifs industriels dans l'art de l'Europe.

Une question tr�s importante se force � �tre pos�e. La fondation de la grande �poque de l'histoire politique de la Su�de avait-elle �t� possible sans de Geer, sans les Wallons ?

La recherche r�cente a essay� de montrer correctement les cons�quences historiques de l'immigration des Wallons. Gustave Adolphe et une partie du conseil d'�tat ont regard� de Geer et les Wallons comme une contribution de grande valeur. Mais aux vieilles industries su�doises on a regard� les �trangers, �videmment, avec des yeux tout � fait hostiles. Les Wallons sont arriv�s � un milieu tout � fait �trange. Plusieurs d'entre eux sont venus des r�gions de Li�ge ou de Namur et ils avaient v�cu dans de grandes villes avec tout ce que cela voulait dire de contacts et de changement de vie. Le nouveau pays �tait un pays sauvage, un pays de for�t. La langue �tait incompr�hensible, la fa�on de vivre des Su�dois �tait diff�rente et leur attitude souvent inamicale. C'est tr�s naturel que les premiers Wallons ne se sont contract�s que pour un an ou, au maximum, pour deux ans. Plusieurs d'entre eux sont aussi retourn�s � leur pays apr�s la fin de la p�riode de contrat, d'autant plus que les premi�res ann�es en Su�de n'ont offert que tr�s peu, si aucun contact avec leur propre pays. Les conditions de vie se sont am�lior�es d�j� apr�s un ou deux d�cades. Le nombre de Wallons a grandi. On dit que 200 Wallons sont immigr�s d'une fois � un occasion dans les ann�es 1620. Les premiers Wallons � Finspong, cependant, se sont acclimatis�s d�j� environ 1625. L'arriv�e de Louis de Geer a augment� leur espoir. Les Wallons se sont sentis plus s�rs, les conditions de vie sont devenues meilleures. Tout de m�me, il a pris longtemps avant que les Wallons se sont int�gr�s dans la vie su�doise. Les pasteurs n'aimaient pas les Wallons � cause de leur demande de libert� de religion et il ne faisaient rien pour faciliter leur adaptation dans la soci�t�.

Il a pris longtemps pour les Wallons d'entrer en mariage avec des Su�doises. Parmi les familles wallonnes les plus soigneuses il n'y en avait m�me pas au d�but du 19-i�me si�cle. Dans l'enregistrement officiel il y avaient aux industries wallonnes de la Su�de des appelations sp�ciales pour les femmes qui �taient de famille wallonne. Au d�but du 19-i�me si�cle une petite fille wallonne se trouvait toujours dans ces registres comme Mademoiselle ou Demoiselle. Les femmes mari�es aux Wallons ont �t� appel�es Madame. Il est �vident que les masculins �taient tr�s soigneux de se faire tituler d'apr�s leur profession.

Les Wallons se consid�raient eux-m�mes et on les a consid�r�es avoir une r�putation sociale plus importante que celle des ouvriers su�dois. La profession a souvent �t� h�rit�e du p�re au fils, ce qui a cr�� �videmment une crevasse dans leurs relations aux autres ouvriers.

Ce n'est qu'� la p�riode o� les m�thodes wallonnes �taient forc�es � ceder pour de nouvelles m�thodes que cette sup�riorit� est disparue. L'int�gration des familles wallonnes dans la soci�t� su�doise s'est perfectionn�e. Les grands mouvements populaires ont balay� les derniers restes et ont pr�par� le chemin des pens�es d�mocrates. Tout de m�me le mouvement d'ouvriers avait des difficult�s au d�but dans les industries wallonnes. Les Wallons ne voulaient pas se pr�cipiter dans des choses nouvelles.

Le r�sultat final de l'immigration et de l'int�gration des Wallons est devenu une mixture tr�s utile pour notre peuple. Dans plusieurs domaines les efforts des Wallons ont �t� importants et honorables. Il s'agit non seulement des activit�s industrielles mais aussi de contributions � d'autres r�gions, sociales, politiques et culturelles. Les Wallons ont toujours �t� de bons citoyens et ils ont introduit de la vivacit� dans le sang un peu lourd du paysan su�dois. Ils ont �t� de bons introducteurs dans ce qui �tait une fois notre grande industrie, l'industrie mini�re, industrie d'ailleurs qui est toujours d'une importance extr�mement grande pour notre pays et notre peuple. Des milliers de Wallons sont toujours en Su�de des "hommes de fer". Au pays agricole de la Su�de, un pays assez uniforme, sont arriv�s les Wallons et avec eux des innovations tout � fait r�volutionnaires. Le grand pays dans le Nord avec ses richesses encore ensommeill�es � commenc� d'attirer un certain int�r�t au continent. Pour juger correctement le travail des Wallons il faut aussi se rendre compte que la population de la Su�de pendant le r�gne de Gustave Adolphe, au d�but du 17-i�me si�cle, �tait bien au moins d'une million. Sans pouvoir pr�ciser tout � fait le r�sultat du travail des Wallons il faut constater que le d�veloppement de force un peu surprenant qu'a fait l'�tat de Su�de sous le r�gne de Gustave Adolphe et les d�cades justement apr�s avaient comme condition une base �conomique tr�s firme.

Ce n'est que tr�s lentement que notre pays sort de son isolation du reste du monde. Ce d�veloppement est rendu possible par beaucoup de facteurs diff�rents - une d'entre eux c'est l'immigration des Wallons.


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